Notre-Dame et l'Enfant Jésus

Paroisse Notre-Dame
de la Clarté Dieu

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SIMPLEMENT FRANÇOIS :

Synode 2023 : le Pape invite à devenir ensemble une « Église différente »

Plus qu'une journée avant l'ouverture officielle du Synode sur la synodalité. Un temps préparatoire d'échanges et de prière s'est déroulé ce samedi matin au Vatican, en présence du Pape François. Dans son discours, le Saint-Père a rappelé les opportunités liées à ce moment ecclésial, et mis en garde contre les tentations d’immobilisme ou d’élitisme. L’avancée du Peuple de Dieu ne pourra être constructive sans une écoute docile de l’Esprit Saint. 

Ce sont les premiers pas d’un long itinéraire qui conduira à l’assemblée des évêques en 2023 à Rome. Près de 300 participants venus de quatre continents étaient présents ce 9 octobre en salle du Synode pour un temps de réflexion sur le Synode sur la synodalité. Cardinaux, évêques, prêtres, religieuses et religieux, laïcs – dont 20 jeunes -, sans oublier le Pape François : l’assistance était comme un échantillon de l’Église universelle, annonçant déjà la volonté d’impliquer tous les membres du Corps du Christ dans ce parcours commun.

 

Ni parlement, ni enquête d’opinion

Après la proclamation d’un extrait de la Parole de Dieu (Ap 1,9-20) et un temps de méditation, le Saint-Père s’est adressé aux participants.

Ce n’est ni un «parlement» ni «une enquête d’opinion» mais un «moment ecclésial» dont l’acteur principal est l’Esprit Saint. Les premiers mots du Souverain Pontife ont résonné comme un avertissement: «s’il n’y a pas d’Esprit, il n’y aura pas de Synode». «Nous vivons ce Synode dans l’esprit de la prière que Jésus a adressée de tout son cœur au Père pour ses disciples : “Que tous soient un” (Jn 17, 21)», a souligné le Pape, résumant le sens de cet évènement: «Dans l’unique Peuple de Dieu, nous cheminons donc ensemble, pour faire l’expérience d’une Église qui reçoit et qui vit le don de l’unité et s’ouvre à la voix de l’Esprit».

 

La souffrance de fidèles mis de côté

François est ensuite revenu sur les mots clés qui font le thème de ce synode sur la synodalité : «communion, participation et mission».

 «La communion, c’est-à-dire la cohésion et la plénitude intérieure, dans la grâce, dans la vérité, dans la collaboration [...] et la mission, c’est-à-dire l’engagement apostolique dans le monde contemporain», va-t-il précisé, citant saint Paul VI. Mais «communion et mission risquent de rester des termes un peu abstraits si l’on ne cultive pas une pratique ecclésiale qui exprime la réalité concrète de la synodalité, à chaque étape du chemin et du travail, favorisant l'implication effective de tous et de chacun». D’où l’importance d’une «vraie participation».

Le Souverain Pontife a déploré à cet égard des difficultés persistantes, et plus généralement sur la participation de tous les baptisés à la vie de l’Église et à sa mission. «Il faut bien constater les désagréments et la souffrance de beaucoup de travailleurs pastoraux, d’organismes de participation des diocèses et des paroisses, de femmes qui sont encore souvent à la marge. Tous doivent participer : c’est un engagement ecclésial indispensable !», a déclaré François.

 

Plus d’interactions entre prêtres et laïcs

Dans un second temps, les risques liés au Synode ont été évoqués. D’abord le formalisme. «Il est possible de réduire le Synode à un évènement extraordinaire, mais de façade, un peu comme si l’on restait à regarder la belle façade d’une église sans jamais y mettre les pieds», a expliqué le Pape. Une Église synodale ne tient pas seulement à sa forme mais doit aussi avoir de la substance, afin de faciliter «le dialogue et les interactions dans le Peuple de Dieu, particulièrement entre prêtres et laïcs».

«Parfois il y a une sorte d’élitisme dans l’ordre presbytéral qui le fait se séparer des laïcs, et finalement le prêtre devient le patron de la baraque», a lancé François, avant de recommander: «Cela exige de transformer certaines visions verticales, déformées et partielles de l’Eglise, du ministère presbytéral, du rôle des laïcs, des responsabilités ecclésiales, des rôles de gouvernement, et ainsi de suite».

 

Tenir compte de la réalité

Le second risque est celui de l’intellectualisme, «une sorte de "parler de soi", où l'on procède de manière superficielle et mondaine, pour finir par retomber dans les classifications stériles idéologiques et partisanes habituelles, et se détacher de la réalité du Peuple saint de Dieu, de la vie concrète des communautés dispersées à travers le monde». Enfin le Saint-Père a mis en garde contre la «tentation de l’immobilisme», un véritable «venin» qui fait tomber «dans l'erreur de ne pas prendre au sérieux le temps dans lequel nous vivons» - «on a toujours fait comme ça !». Pour éviter cet écueil, il est nécessaire que le chemin synodal implique «les Églises locales dans un travail passionné et incarné ; qu’il imprime un style de communion et de participation marqué par la mission».

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

 

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