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Octobre 2019 – Éditorial du Père François-Xavier Oniossou :

Mois missionnaire extraordinaire

            « Baptisés et envoyés : l’Église du Christ en mission dans le monde », tel est le titre du message du Pape François publié le 12 juin 2019, invitant tous les chrétiens catholiques du monde à faire de ce mois d’octobre un mois missionnaire extraordinaire

En adaptant ce thème aux lectures de ce premier dimanche missionnaire j’y découvre la joie de la persévérance de la fidélité qui fait vivre et sauve le missionnaire …

« Au fond, à quoi sert-il encore de nous risquer à la mission et à l’annonce de l’Évangile, pourrions-nous nous demander ? La plupart de nos contemporains vivent bien sans Dieu et sans l’Église (catholique). Comme au temps du prophète Habacuc, Babylone et toutes les dictatures semblent triompher, la violence se déchaine partout. Le Seigneur parait totalement absent de l’histoire. »  « Tous ces efforts depuis 2000 ans pour pas grand-chose, en fin de compte ? Les tentations du découragement nous guettent. C’est d’ailleurs l’une des maladies que le pape François a dépistées au sein de la curie romaine. Elle vaut évidemment aussi pour tous les agents pastoraux laïcs, diacres et prêtres. L’exhortation apostolique La joie de l’Évangile y consacre un chapitre entier : chacun d’entre nous y prend pour son grade ! »  « Finalement, pourquoi proposer un "Mois Missionnaire Extraordinaire" (MME) pour toute l’Église ? N’est-ce pas une agitation vaine, une de plus, lorsqu’on voit le piètre état et l’image désastreuse de notre Église en 2019 ? »

D’abord, c’est très bien de formuler notre désaccord et notre impatience envers le Dieu de l’Alliance. Car il ne ferme pas la bouche d’Habacuc, il ne nous rejette pas dans nos supplications. Il nous demande même de crier vers lui. La misère des hommes ne peut durer. Au temps fixé, la délivrance viendra. Nous sommes appelés à la persévérance qui conduit à̀ la vie. Telle est la posture « ajustée » à sa volonté́, puisque c’est cela que signifie « entre juste », s’est-il̀-dire être accordé à son dessein divin, comme une guitare qui sonne juste. « Le juste vivra par sa fidélité́ », affirme la vision. « Le temps est plus important que l’espace », précise le souverain pontife, « la promesse tend à son accomplissement, elle ne décevra pas, même si elle parait tarder ». Patience : vivons l’espérance à long terme ! Pour cela, il est urgent de rallumer le feu de notre première vocation. Il est impératif de raviver la braise qui brule encore sous les cendres de beaucoup.

Paul, le champion de l’annonce jusqu’au bout du monde, le redit à Timothée et aux disciples missionnaire que nous sommes : « Réveille en toi le don de Dieu que tu as reçu lors de l’imposition des mains de ton baptême, de ta confirmation, de ton mariage, de ton ordination diaconale ou sacerdotale, de ta profession religieuse ! » « Allumez le feu » : Johnny le chantait déjà̀ sur un autre registre et avec d’autres paroles... Vous vous souvenez sans doute de ce « fameux » cantique : « Ne laissons pas mourir la terre, ne laissons las mourir le feu. Tendons les mains vers la lumière pour accueillir le don de Dieu » (bis) (E 160). La mission, c’est nous laisser embraser par un « Esprit de force, d’amour et de raison », affirme l’apôtre des nations. Pas par un « esprit de peur ». Entreprendre la mission, c’est rendre témoignage au Seigneur et au dépôt de la foi, sans honte ni retenue. Faisons appel aux dons de l’Esprit qui habitent en nous ! Dieu compte sur nous.

Bien sûr, nous manquons de foi. Mais si nous en avons gros comme une graine de moutarde, cela suffit : nous serions capables de déplacer les montagnes. C’est trop dur ? C’est impossible ? Ce qu’il y a de bien, dans la mission avec le Seigneur, c’est que cela ne dépend pas d’abord de nous et de nos techniques d’évangélisation. Ce qui compte, et c’est là notre conversion, c’est d’abord de faire notre travail, comme de bons serviteurs, et de laisser le Christ agir à travers nous. Ce qui importe, c’est que nous lui permettions de faire grandir en nous notre petit bout de foi, de tenir dans l’espérance, de durer dans l’amour, et sa grâce fera le reste. Telle est la conversion à laquelle nous sommes appelés : crier vers le Seigneur, raviver les braises de notre fidélité́ et laisser la grâce faire dans la durée…